Un collège parisien où les portables ne sonnent (presque) jamais

AFP/FRED DUFOUR
10 janvier 2018

Dans ce collège du 18ème arrondissement de Paris, peu de chance d'entendre un portable sonner: l'objet doit être rangé et éteint dès l'entrée dans l'établissement. Une interdiction plutôt bien respectée par les élèves, même si certains se disent "accros".

Dans les salles de classe du collège Gérard Philipe, le règlement s'affiche en plusieurs points. Le premier indique clairement: "Avant d'entrer dans le collège, j'éteins et je range dans mon sac mon téléphone portable et mon MP3".

De son bureau, dont les larges fenêtres donnent directement sur la cour de récréation, le principal, Djamel Medani, vérifie que personne ne déroge à la règle: "C'est ma tour de contrôle", s'amuse-t-il. "Ca ne me dérange pas d'être vu, au contraire, c'est plutôt dissuasif".

S'il aperçoit un téléphone, il le confisque aussitôt. S'il y a récidive, il peut y avoir sanction. "Cela arrive très rarement", assure le principal.

Ici, comme dans de nombreux collèges, l'interdiction du téléphone voulue par le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer pour la rentrée prochaine, est donc déjà de mise.

En théorie, le code de l'éducation précise d'ailleurs que le portable est interdit "durant toute activité d'enseignement et dans les lieux prévus par le règlement intérieur" de chaque établissement. Mais cette interdiction est appliquée de manière très variable.

Le ministre a indiqué à plusieurs reprises vouloir la renforcer, mais sans expliquer comment. Il y a quelques semaines, il avait évoqué des "casiers fermés" installés à l'extérieur des classes où les élèves déposeraient leurs téléphones.

Une solution qui ne convainc guère. "Dans un collège comme le mien, il en faudrait 340, ce qui est matériellement impossible", tranche Djamel Medani.

Quant à la fouille des élèves, elle est interdite par la loi, le portable n'étant pas considéré comme un objet dangereux. "Cela romprait la confiance qu'on entretient avec les jeunes", estime Elise Jerez, professeure de français.

(source AFP)